A défaut de pouvoir partager les odeurs et les saveurs de mes voyages, j'essaie d'en montrer les couleurs!
Alors que d’un côté du lagon, tout semble parfaitement calme : les anémones sont repliées sur elles-mêmes, permettant au poisson clown de gagner au jeu de cache-cache avec mon appareil photo,
et pendant que les petits poissons nagent tranquillement devant le moteur de la pirogue,
de l’autre côté, le ballet des requins est sur le point de commencer.
Je suis arrivée à l’Aquarium de Huahine, un site de feeding. Qu’est-ce que le feeding ? Le fait de nourrir les poissons, et les requins, ou plutôt le fait de les attirer toujours à un même endroit avec des morceaux de poissons sanguinolents pour être sur à 100% que les voyageurs de passage repartiront satisfait.
Le feeding j’adore. Parce qu’il permet à des gens qui ne pratiqueront jamais la plongée de pouvoir s’extasier devant la faune sous-marine.

Le feeding j’adore. Parce qu’il permet à la photographe enthousiaste que je suis (quelqu’un m’a dit, il n’y a pas longtemps, qu’à mon niveau, je n’étais pas une photographe amatrice, mais enthousiaste, et j’ai beaucoup aimé l’expression !), de prendre des photos comme jamais je ne le pourrais dans des circonstances plus naturelles.

Le feeding je déteste. Parce qu’il modifie le comportement de nombreux animaux sauvages, sans prendre en considération les conséquences que cela engendre.

Le feeding, je déteste parce que je sais que ce n'est pas une chose bien, et qu’il fait surgir en moi un débat entre l’écologiste et la photographe (enthousiaste !).
Que ceux qui sont contre me le pardonnent (moi y compris!), mais pour les 3 prochains mois, je choisis la photographe… du moment qu'il sagit d'espèces inofensives et que je ne dois pas m'enfermer dans une cage comme cela se pratique en Afrique du Sud !
Donc, revenons-en à nos requins.
Il y en a même un de bossu :
le Quasimodo des pointes noires !

Sous leurs airs de méchants, ils sont inoffensifs pour l’homme, et on pourrait même croire qu’ils se font des câlins !

Dans la ruée vers le garde-manger, même les poissons pilotes ont abandonnés leurs hôtes. C’est la première fois que je peux les observer sans qu’ils soient collés à un requin.
C’est là que je comprends pourquoi les poissons papillons portent ce nom : ils virevoltent de partout autour de moi dans un joyeux bordel organisé !

© Nelly Massoud